11. Ischémie cardiaque

Rédigé le 12/03/2026
Emilie Bonneau


INDICATIONS


  • Suspicion d’ischémie cardiaque*, présente ou disparue (épisode récent).

OBJECTIFS DE SOINS


  • Identifier rapidement la présence d’un IAMEST en effectuant un ECG.
  • Réduire l’agrégation plaquettaire et soulager l’ischémie cardiaque probable.
  • Anticiper l’ACR.
  • Orienter le patient présentant un IAMEST confirmé vers un CH offrant l’intervention coronarienne percutanée.

INTERVENTIONS


  • Si le patient présente un tableau clinique d’ischémie cardiaque probable** :
    • Considérer l’administration d’AAS, même si les symptômes sont résolus (voir la fiche Acide acétylsalicylique);
    • Considérer l’administration de nitroglycérine SL/L (voir la fiche Nitroglycérine) si les symptômes sont actifs;
  • Si le patient fait partie de la clientèle adulte et qu’il est à « A-V », effectuer un ECG 12D (voir la technique ECG 12D) :
    • En présence d’un IAMEST:
      • Installer les électrodes de défibrillation;
      • Transmettre l’ECG à l’unité de soutien clinique (ou l’équivalent) pour confirmer l’IAMEST selon les modalités régionales. Suivre les directives régionales de préavis/destination;
      • Considérer l’administration d’AAS si non administré (voir la fiche Acide acétylsalicylique).
    • En l’absence d’un IAMEST, effectuer un deuxième ECG avant le départ et considérer la saisie d’ECG sériée en transport.
    • Surveiller la présence d’arythmies malignes.
  • Si le patient présente un tableau clinique d’ischémique cardiaque probable** ou un IAMEST effectuer un transport urgent.
  • Si un transfert interhospitalier (sans escorte) d’un patient en IAMEST est nécessaire pour une reperfusion par angiographie, se référer aux généralités sur le transfert interhospitalier.

CONSIDÉRER


Dyspnée d’origine cardiaque

Suspicion d’ischémie cardiaque 
Celui-ci est composé d’éléments tels que : inconfort, douleur ou malaise entre l’ombilic et la mâchoire (incluant le thorax, le dos et les bras), dyspnée, faiblesse, diaphorèse ou pâleur soudaine et inexpliquée; ou toute autre présentation correspondante à la symptomatologie du patient connu MCAS. 
** Tableau clinique d’ischémie cardiaque
Probable

Patient de tout âge connu MCAS ou ≥ 35 ans avec inconfort, douleur ou malaise thoracique antérieur qu’il exprime comme suit :

  • Serrement, pression, oppression, lourdeur, étau, écrasement, signe de Levine (signe de poing sur la poitrine), sensation d’étouffement ou d’indigestion

OU

  • Patient de tout âge connu MCAS avec douleur ou malaise associé à la symptomatologie habituelle

OU

  • Patient de tout âge présentant un IAMEST à l’ECG en concomitance avec tout inconfort ou tout malaise ischémique cardiaque (même atypique/non probable)
Non probable
  • Inconfort, douleur ou malaise :
    • Localisés à l’épigastre, aux hypocondres, ou situés uniquement aux bras ou à la mâchoire
    • Exprimé par : coup, aiguille, coupure, couteau, pincement, point, etc.
  • Symptômes persistants et continus depuis plus de 12 heures ou épisode de douleur très bref (quelques secondes).

La sensation de brûlure peut être une présentation atypique de douleur ischémique cardiaque. La douleur augmentée à l’inspiration ou à la palpation ne peut exclure la présence d’une ischémie cardiaque. Le paramédic doit tenir compte du tableau clinique global (changements ischémiques à l’ECG, âge, comorbidité, signes et symptômes) afin de prendre une décision concernant le traitement du patient.

 


 


Remarques

ECG en 12 dérivations

  • Le premier ECG devrait être effectué dans les 10 minutes suivant le contact initial avec le patient.
  • La saisie d’ECG sériée en transport est requise s’il y a :
    • Persistance d’un tableau clinique compatible avec une ischémie cardiaque ou détérioration clinique; ET
    • Changement de trajectoire vers un CH offrant l’intervention coronarienne percutanée. lorsque possible.

La saisie de l’ECG devrait être effectuée à intervalle d’environ 10 à 20 minutes dans des conditions favorisant l’obtention d’un ECG de qualité. Le transport peut être interrompu à deux reprises (maximum) pour la saisie.

  • IAMEST (interprétation informatique du logiciel) :
    • *** IM aigu ***;
    • *** IDM ss-dc seg ST ***.
  • Un ECG 12D, même en l’absence d’IAMEST, ne peut servir en aucun temps à conseiller un patient quant à son besoin, ou non, de transport en CH.
  • Se référer aux directives régionales lors des situations suivantes :
    • Saisie d’ECG dans un contexte de détresse/insuffisance respiratoire;
    • ECG à transmettre en fonction de l’interprétation informatique.

Médication en ischémie cardiaque

  • En présence d’un IAMEST suspecté sans tableau clinique d’ischémie cardiaque probable, le paramédic devrait administrer l’AAS. Dans le doute et si disponible, il peut attendre la confirmation de l’IAMEST par l’unité de soutien clinique (ou l’équivalent).
  • S’il y a concomitance d’une douleur ischémique cardiaque probable avec une dyspnée d’origine cardiaque, considérer les particularités d’administration des médicaments en se référant à la fiche Nitroglycérine.
  • La nitroglycérine ne doit pas être administrée avant l’obtention d’un ECG 12D de qualité acceptable (sauf si celui-ci ne peut être fait au chevet du patient).
  • Considérer l’application du protocole Douleur aiguë (uniquement pour l’administration de fentanyl) en concomitance à la nitroglycérine. Ne pas administrer l’acétaminophène et l’ibuprofène dans ce contexte.

Transport

  • Ne pas effectuer un transport urgent si le seul critère pour déterminer ce mode de conduite est l’IAMEST et que l’unité de soutien clinique clinique (ou l’équivalent) indique qu’il s’agit d’un faux positif.
  • En transport vers le centre de reperfusion (IAMEST confirmé), si l’état du patient se détériore et qu’il devient instable, poursuivre le transport (ACR, effectuer d’abord les manoeuvres initiales) vers le centre de reperfusion, seulement si celui-ci est situé à un maximum de 15 minutes de route de plus que le CH le plus près. Si ce délai est de plus de 15 minutes, considérer l’avis de l’unité de soutien clinique (ou l’équivalent) ou celui du médecin traitant. Suivre les directives régionales de préavis.