02. Hémorragie active

Rédigé le 12/03/2026
Emilie Bonneau


INDICATIONS


  • Toute hémorragie externe active.

OBJECTIFS DE SOINS


  • Effectuer rapidement les techniques appropriées de contrôle d’hémorragie.

INTERVENTIONS


  1. Localiser et noter la nature de l’hémorragie. Prioriser celle qui est la plus abondante, si applicable.
  2. Exercer une pression directe sur le saignement, sauf s’il y a présence d’une fracture ou d’un corps étranger (voir Appendice A : présence d’une fracture ou d’un corps étranger [CE]) :
  • Si le saignement est abondant, un pansement hémostatique peut être utilisé.
  • S’il y a présence d’une fracture ou d’un corps étranger, effectuer une pression indirecte.

3. Utiliser la technique appropriée à la situation clinique en tenant compte des particularités anatomiques du patient (voir Appendice B : particularités anatomiques) :

Caractéristiques de l’hémorragie Techniques
- D’un membre, contrôlée par une pression directe Pansement compressif
- D’un membre, non contrôlée par une pression directe
- D’un site jonctionnel (incluant les régions inguinales, axillaires et cervicale)
Paquetage de la plaie (la morphologie de la plaie doit être compatible avec cette technique)
- Hémorragie importante d’un membre lorsque l’état du patient requiert une ou d’autres interventions immédiates et prioritaires
- Hémorragie importante d’un membre partiellement ou totalement amputé
- Hémorragie incontrôlable d’un membre lorsque les autres techniques ont échoué
Tourniquet

CONSIDÉRER



 


Remarques

  • La pression directe ou celle exercée par le pansement compressif doit être d’une intensité telle qu’elle permet d’interrompre le saignement. La pression doit être adaptée en fonction des particularités anatomiques (par exemple, minimale sur une fistule artérioveineuse ou la région cervicale, ou en pédiatrie). 
  • En présence d’un patient traumatisé majeur (nécessitant plusieurs soins) et d’une hémorragie non contrôlée par une pression directe (pansement compressif non applicable), appliquer le tourniquet sans procéder au paquetage de plaie, et ce, dans le but de réduire les délais d’intervention.
  • La pression indirecte peut être utile dans certains contextes, mais son efficacité n’est pas un élément décisionnel quant à la réalisation d’un paquetage de plaie ou à l’installation d’un tourniquet.

Pour les techniques de contrôle d’hémorragie (paquetage de plaie, tourniquet et épistaxis), se référer à la technique Contrôle d’hémorragie.



Appendice A : présence d’une fracture ou d’un corps étranger (CE)

Règles générales Considérer le retrait du CE si
- Laisser le CE en place
- Exercer une pression indirecte
- Limiter les mouvements et immobiliser si approprié (CE et/ou membre)
- Considérer l’application d’un tourniquet
- Couvrir la plaie
Le CE nuit à la RCR ou à l’assistance ventilatoire

Appendice B : particularités anatomiques

Tête - Ne pas effectuer de paquetage de plaie
- Si la boîte crânienne présente une déformation ou si elle est instable, la pression pour contrôler le saignement doit être la plus légère possible
Cou - Une pression directe doit être maintenue en poussant vers le bas afin d’éviter de
comprimer la trachée
- Si un paquetage de plaie doit être fait, porter attention à ne pas comprimer les voies
respiratoires
- Le pansement compressif doit être fait en oblique (en passant sous l’aisselle opposée)
Tronc - Attention à ne pas nuire à la respiration
- Ne pas effectuer de paquetage de plaie (sauf si l’hémorragie provient d’un site
jonctionnel)
- En présence d’une éviscération ou d’une plaie aspirante, se référer au protocole
Blessures traumatiques
Nez
(épistaxis active)
Voir la technique Contrôle d’hémorragie