01. Blessures traumatiques

Rédigé le 12/03/2026
Emilie Bonneau


INDICATIONS


  • Tout mécanisme pouvant entraîner une lésion contondante ou pénétrante.

OBJECTIFS DE SOINS


  • Identifier les blessures traumatiques.
  • Identifier les patients nécessitant une restriction des mouvements spinaux (RMS).
  • Traiter les blessures traumatiques en priorisant les soins immédiats.
  • Optimiser le temps passé sur la scène.
  • Orienter le patient vers le CH approprié selon le réseau québécois de traumatologie.

INTERVENTIONS


  • Prioriser la gestion des soins immédiats tels que :
    • Hémorragie externe significative:
    • gestion des voies respiratoires :
    • Plaies pénétrantes au thorax (antérieur ou postérieur) :
      • Appliquer un pansement ventilé sur la plaie principale, par poumon. 
      • Appliquer des pansements occlusifs aux autres plaies, le cas échéant.
  • Lors de traumatismes contondants entraînant la possibilité d’un traumatisme spinal (voir Appendice ci-bas):
    • limiter les mouvements spinaux du patient. Si l’axe spinal peut être maintenu en position neutre sans l’intervention du paramédic (patient à « A-V-P-U »), ce dernier peut lâcher la tête du patient;
    • évaluer le besoin de RMS (voir « Appendice : indications à la restriction des mouvements spinaux (RMS) ci-bas»). 
  • Assurer la prévention de l’hypothermie avec les mesures appropriées, même si l’environnement est tempéré.
  • Selon le contexte, considérer les soins suivants :
    • S’il y a présence d’une hémorragie non significative, effectuer un contrôle d’hémorragie approprié, et se référer au protocole Hémorragie active.
    • S’il y a présence de tableau clinique d’un TCC* avec signes d’augmentation de la pression intracrânienne** :
      • élever la tête de la civière à 30 ° (en l’absence d’hypotension);
      • dans le cas d’une assistance ventilatoire intubée, viser une valeur d’ETCO2 à 35 mmHg (sans hypoventiler).
    • S’il y a présence d’éviscération, appliquer des compresses abdominales humidifiées au NaCl 0,9 % et envelopper les viscères du patient dans un pansement occlusif, sans tenter de repousser les viscères à l’intérieur.
    • S’il y a présence d’un traumatisme isolé de l’œil, protéger l’œil affecté avec une coquille ou un gobelet. Suggérer au patient de fermer l’œil sain afin de limiter les mouvements oculaires. S’il y a présence d’un corps étranger, ne pas le retirer. Privilégier la position assise ou semi-assise.
    • S’il y a présence de traumatisme aux extrémités nécessitant l’immobilisation du membre ou si le membre est amputé, se référer à la technique Blessure à une extrémité :
      • S’il y a présence d’une fracture ouverte, irriguer sans pression avec du NaCl 0,9 % et couvrir d’un pansement humide.
  • Calculer, au besoin, le score de Glasgow (voir Échelle de coma de Glasgow) et valider l’EQTPT (voir EQTPT).
  • Suivre les directives régionales de préavis/destination. 

CONSIDÉRER


 

* Tableau clinique de traumatisme craniocérébral 
 Celui-ci est composé d’éléments tels que : céphalée, confusion, nausées, vomissements, altération ou perte de l’état de conscience, fatigue, étourdissements, trouble de vision, convulsions, trouble de comportement
** Tableau clinique d’augmentation de la pression intracrânienne 
Celui-ci est composé d’éléments tels que l'altération de l’état de conscience pouvant être accompagnée de vomissements (en jet), anisocorie, HTA, bradycardie, respiration irrégulière (ex. : Cheyne-Stokes), décortication ou décérébration.



Appendice : indications à la restriction des mouvements spinaux (RMS)

Le terme « restriction des mouvements spinaux » (RMS) remplace la terminologie qui réfère à l’immobilisation spinale. Les critères ci-bas servent à déterminer s’il y a un potentiel de lésion spinale ou médullaire et leur application rigoureuse est essentielle à la sécurité du patient, particulièrement chez la clientèle âgée et les cinétiques à risques. Dans le doute concernant l’évaluation d’un de ces critères, l’application de la RMS est indiquée. 
 
La RMS doit être appliquée dès que l’une des situations suivantes est présente :
  • Patient instable
  • Facteurs pouvant altérer l’appréciation clinique du patient : 
    • Une intoxication confirmée ou présumée (ex. : alcool, drogue ou médicaments);
    • L’âge préscolaire (< 4 ans); 
    • Un score sur l’échelle de Glasgow ≤ 14;
    • Une altération de l’état mental :
      • Confusion aiguë (ex. : TCC);
      • Confusion chronique sévère (ex. : trouble neurocognitif) ou exacerbée;
      • Déficience intellectuelle sévère;
      • Agitation/non-collaboration.
    • Un trouble de la communication (ex. : langue étrangère, aphasie, enfant non verbal).
  • Douleur distractrice : 
    • Présence d’une douleur sévère qui détourne l’attention du patient.
  • Douleur ou sensibilité spinale (spontanée ou lors de l’appréciation clinique) : 
    • au cou (douleur antérieure et/ou postérieure et/ou occipitale) ou la présence, pour la clientèle pédiatrique, d’un torticolis (posture de la tête inclinée d’un côté), ou d’une attitude de protection;
    • à la colonne dorsale ou lombaire, jusqu’à 5 cm de part et d’autre de la ligne médiane.
  • Déficit neurologique de novo, moteur ou sensitif, présent ou disparu :
    • Paresthésie, dysesthésie (ex. : sensation de brûlure), parésie, paralysie.
 

Attention :

la RMS n’est pas indiquée en présence d’un traumatisme pénétrant de type rectiligne (ex. : piqué par un couteau, atteint par un projectile d’arme à feu, etc.) de la région centrale, et ce, même en présence d’un déficit neurologique. Exceptionnellement, si ce traumatisme pénétrant est associé à un traumatisme contondant majeur (p. ex. : cinétiques à risque indiquées à l’étape 3 de l’EQTPT, etc.) à risque de lésion spinale, la RMS doit être effectuée lorsque possible, sans retarder l’évacuation et le transport de manière significative.