Principes généraux des situations traumatiques
Rédigé le 12/03/2026
Emilie Bonneau
Considérations lors de l’appréciation clinique
- Se référer à l’Appréciation de la condition clinique (générale)
- L’optimisation du temps passé sur la scène (incluant la période passée dans le module de soins avant le départ) est capitale, particulièrement pour les patients instables (moins de 10 minutes).
- Le verdict de stabilité indique la possibilité de poursuivre sur place avec des appréciations additionnelles ou non.
Patient stable
- Sur le lieu de la prise en charge du patient, l’appréciation de la condition clinique doit être effectuée et la prise de signes vitaux doit être favorisée (si les circonstances le permettent). Celles-ci doivent être réalisées avant le transport.
- Si le patient est trouvé debout et que le mécanisme peut entraîner une lésion médullaire, le paramédic peut effectuer une appréciation spécifique s’il n’y a pas de risque de chute. En présence de risque de chute, l’appréciation spécifique devra être effectuée en position assise ou en décubitus dorsal. Dans ce contexte, les principes de « Traumatisme spinal - RMS » devront être respectés jusqu’à ce que l’appréciation spécifique soit complétée.
Patient instable
- Sur le lieu de la prise en charge du patient, l’appréciation spécifique et les signes vitaux quantitatifs ne devraient pas être effectués. La réalisation de ceux-ci devrait être favorisée pendant le transport, si possible.
Considérations particulières
- En présence d’un évènement impliquant plusieurs blessés, certains éléments de l’organisation de l’intervention de type « Situations à victimes multiples » peuvent être utilisés pour bien gérer l’intervention, si les ressources sont temporairement insuffisantes (ex. : START-JumpSTART). Cependant, selon la situation, il peut être approprié que le premier véhicule arrivé quitte les lieux rapidement avec le blessé le plus grave, si les autres patients souffrent de blessures mineures et que d’autres intervenants assurent leur surveillance en attendant d’autres ressources ambulancières.
- Malgré la présence de plusieurs intervenants (ex. : désincarcération), le paramédic est l’intervenant responsable du patient, et il doit s’assurer d’effectuer une surveillance clinique adéquate.
Traumatisme pénétrant de la région centrale aux fins de prise en charge préhospitalière
- Les traumatismes pénétrants de la région centrale incluent les blessures situées :
- sur la face antérieure et postérieure de la tête, du cou et du tronc (thorax, abdomen, bassin);
- dans les régions jonctionnelles, telles que les zones inguinales et axillaires. Les membres en sont exclus.
- Les plaies profondes, quelle qu’en soit la nature, comportent un risque élevé de lésion des gros vaisseaux ou des organes, pouvant entraîner des hémorragies non compressibles, nécessitant une orientation rapide vers la prise en charge hospitalière.
Traumatisme isolé des extrémités
- Un traumatisme (contondant ou pénétrant) isolé des extrémités est un traumatisme généré par une énergie appliquée uniquement sur les membres (ce qui exclut la région centrale).
L’échelle québécoise de triage préhospitalier en traumatologie (EQTPT)
- S’applique dans un délai de moins de 24 h ou lorsque le patient n’a pas pu quitter le site de l’évènement.
- Est une échelle d’orientation du patient dans le réseau québécois de traumatologie. Elle ne détermine pas le niveau de stabilité du patient ou son besoin de restriction des mouvements spinaux (RMS).
- Peut être modulée par des directives régionales, avec l’approbation de la direction médicale nationale.
- L’orientation en fonction de l’EQTPT est prioritaire aux corridors régionaux (ex. : brûlure, femme enceinte ou clientèle pédiatrique).
- Les patients en ACR ou en détresse respiratoire non contrôlée en soins préhospitaliers doivent être transportés au CH le plus près (incluant ceux qui sont non désignés par l’EQTPT), sauf si l’organisation régionale le spécifie autrement.
- Étape 1
- Un trauma mineur (sans cinétique à risque) pourrait ne pas être inclus à l’étape 1 de l’EQTPT si l’unique critère de l’EQTPT est expliqué par une cause médicale préalable.
- Étape 2
- Les patients victimes d’un traumatisme isolé ne doivent pas être inclus dans l’EQTPT sauf si leur blessure est incluse dans la liste de l’étape 2.
- Les blessures pénétrantes ciblées excèdent la région centrale.
- Dans le cas d’extrémité écrasée, dégantée, mutilée : il ne doit pas s’agir uniquement de doigts.
- Paralysie : inclut tout déficit neurologique de novo qui est compatible avec une lésion médullaire traumatique, qui n’est pas explicable par une fracture distale d’un membre et qui peut être soit :
- une atteinte motrice complète ou partielle, présente ou disparue; ou
- une atteinte sensitive complète ou partielle, persistante.
- Étape 3
- Le libellé « éjection (partielle ou complète) de la voiture » inclut l’éjection de tout véhicule motorisé (moto, VTT, etc.), ainsi que d’un animal monté (cheval, rodéo, etc.).
- Le libellé « piéton ou cycliste renversé ou écrasé par une voiture ou impact significatif (> 30 km/h) » inclut les moyens de transport électriques (trottinette, planche à roulettes, vélo, etc.). L’impact significatif n’est pas nécessairement associé à une voiture et inclut toute autre cinétique à risque important, au jugement des paramédics.
- Étape 4
- Le simple fait d’être un enfant, une femme enceinte ou de prendre des anticoagulants (à tout âge) ne justifie pas une inclusion à cette étape. Pour y être inclus (toute clientèle), il doit y avoir eu un traumatisme significatif, par exemple la chute de sa hauteur avec impact à la tête et/ou au cou, traumatisme abdominale fermé, etc. Cette étape exclut le traumatisme mineur à une extrémité.
Appendice : EQTPT