Généralités

Rédigé le 12/03/2026
Emilie Bonneau


Rôles et responsabilités

Le paramédic a l’obligation de fournir à une personne qui requiert ses services les soins nécessaires conformément aux protocoles d’intervention clinique, incluant le transport vers un centre désigné. Le paramédic ne peut pas, légalement, interrompre un épisode de soins sans qu’il y ait un transfert de cette responsabilité (prise en charge hospitalière, coévaluation, etc.) ou un refus documenté du patient.

Pour appliquer les présents protocoles, le paramédic doit être dans l’exercice de ses fonctions officielles, qui sont encadrées par la direction médicale nationale/régionale. Il doit aussi répondre aux conditions prévues à l’article 63 de la LSPU et détenir un statut actif en vertu du règlement sur les conditions d’inscription au registre national de la main-d’oeuvre (référence : L.R.Q., chapitre S-6.2, r.1).

À l’exception des situations opérationnelles spécifiques, l’intervention nécessite toujours la présence de deux paramédics. La responsabilité clinique est partagée entre les paramédics de soins primaires (PSP) et les paramédics de soins avancés (PSA) qui interviennent, et est modulée selon leurs champs de pratique respectifs et les protocoles en vigueur. Les paramédics doivent collaborer étroitement avec les autres intervenants présents sur la scène (policier, premier répondant, pompier, professionnels de la santé, etc.) dans le respect des champs de compétence de chacun.


Transfert de responsabilités à l’équipe soignante du centre receveur

Avant de transmettre leur rapport à l’équipe soignante (ex. : lors du prétriage, triage, etc.), les paramédics sont responsables du patient. Ceux-ci doivent effectuer la surveillance clinique et appliquer les soins prévus aux présents protocoles. Considérant son état clinique, le centre receveur est responsable de prendre en charge le patient dans un délai raisonnable. Lorsque l’équipe soignante n’est pas en mesure de recevoir rapidement le rapport verbal et que les paramédics jugent que le patient doit être pris en charge de façon prioritaire, ces derniers doivent en aviser le personnel du centre receveur sans tarder. Dès qu’un rapport verbal est commencé, la responsabilité (surveillance clinique et application de soins) du patient est partagée entre les intervenants. Une fois le rapport verbal complété, le centre receveur est alors responsable du patient. En revanche, les paramédics doivent effectuer la surveillance clinique et collaborer avec le personnel du centre receveur jusqu’à ce que le patient ait quitté la civière de l’ambulance pour l’endroit désigné (civière, lit d’hôpital, salle d’attente, etc.). Entretemps, les paramédics doivent aviser le personnel sans tarder s’ils jugent que la condition clinique du patient se détériore.


Transfert de responsabilité lors de l’application de la paramédecine de régulation

Lors de l’application du protocole de régulation par coévaluation, le paramédic doit faire appel à un autre professionnel de la santé pour déterminer le bon processus de réorientation, si applicable. De ce fait, c’est seulement lorsque le patient accepte, et que la réorientation est possible, que le paramédic pourra se libérer de sa responsabilité de poursuivre les soins jusqu’en centre hospitalier (CH).


Rôle non traditionnel

Tout paramédic (personnel-cadre, superviseur, paramédic de soins primaires, etc.) qui exerce ses fonctions dans un rôle non traditionnel (à vélo, dans un véhicule de réponse rapide, dans un centre de vaccination, etc.) encadré par la direction médicale nationale/régionale doit se référer aux présents protocoles pour guider son intervention. Il est tenu d’agir seul, dans l’intérêt du patient, en attendant d’être relevé de son rôle par une équipe de paramédics. Pendant qu’il est le seul paramédic, il doit adapter les protocoles en fonction de la situation (p. ex. : retarder l’intubation lors d’un ACR en attendant la présence d’un autre intervenant pouvant l’assister) et de la gravité des blessures du patient (p. ex. : soins critiques à effectuer ou chronodépendance du patient, etc.). 


Paramédics de soins avancés

Si la direction médicale nationale/régionale l’autorise et si la situation d’intervention le requiert, les PSP peuvent demander l’affectation d’un PSA. Lorsque présent sur la scène, le PSA doit assurer le leadership de l’intervention et des soins prodigués au patient. En cas de divergences entre les présents protocoles et les protocoles d’intervention des PSA, ces derniers ont préséance. Toutefois, si les protocoles d’intervention des PSA ne sont pas applicables, le PSA doit appliquer les présents protocoles. À moins de spécification contraire, l’ensemble des protocoles présentés dans ce document peuvent s’appliquer à tous les groupes d’âge.


Clientèle adulte ou pédiatrique

Au sens clinique et à moins de spécifications contraires (p. ex. : le consentement aux soins), un patient doit être considéré comme un adulte lorsqu’il est âgé de 12 à 14 ans ET qu’il présente des signes de puberté ou une morphologie adulte. Dans tous les cas, il doit être considéré comme un adulte lorsqu’il atteint l’âge de 15 ans. Par opposition, un patient qui ne répond pas aux critères de cette définition doit être considéré comme un patient pédiatrique.

À moins de spécification contraire, l’ensemble des protocoles présentés dans ce document peuvent s’appliquer à tous les groupes d’âge.


Sécurité

Dans toute situation, le paramédic doit, en premier lieu, voir à la sécurité de la scène pour éviter qu’il ne devienne lui-même un patient. Une fois la sécurité de la scène assurée, il peut procéder à l’appréciation primaire et à l’appréciation du niveau de stabilité du patient.


Équipement au chevet du patient

De façon générale et à moins d’un contexte particulier, le moniteur défibrillateur, la trousse de support vital et la bombonne d’oxygène devraient être apportés au chevet du patient.


Appréciation de la condition clinique

Pour l’ensemble des protocoles, le paramédic doit se référer au protocole d’appréciation de la condition clinique préhospitalière afin d’apprécier la condition clinique du patient, de déterminer sa stabilité, son besoin d’oxygénothérapie et pour effectuer les autres appréciations de base.


Application des protocoles spécifiques

Dans le cadre de chaque intervention, le paramédic doit vérifier la présence de signes ou de symptômes justifiant l’application des protocoles. Les signes et symptômes (ou la description d’un tableau clinique) se trouvent dans les indications du protocole et parfois dans son titre. Le paramédic doit prendre en considération tout signe ou symptôme présent ou passé (ex. : un symptôme présent en début d’intervention, qui disparaît soudainement) et qui est en lien avec l’intervention en cours.

Lorsqu’une appréciation clinique révèle la présence d’un nouveau signe ou d’un symptôme (ex. : la prise de glycémie révèle une hypoglycémie), le paramédic doit se référer aux protocoles correspondants.

Bien que les protocoles soient organisés par problèmes spécifiques (ex. : situations gynécoobstétricales, médicales, traumatiques, etc.), plusieurs d’entre eux peuvent s’appliquer à un même patient, et ce, de façon consécutive ou en concomitance, s’ils sont appropriés pour la situation clinique.


Administration d’un soin ou d’un médicament

Les appréciations cliniques (signes vitaux, monitorage cardiaque, etc.) requises pour prodiguer un soin ou administrer un médicament au patient doivent être validées par le paramédic préalablement.

Le paramédic ne peut prodiguer un soin ou administrer un médicament si ces derniers ne sont pas encadrés par les protocoles en vigueur. À l’exception des médicaments qui peuvent être administrés par le paramédic dans le contexte de son intervention, le patient ne devrait pas prendre d’autres médicaments (incluant ceux qui lui ont été prescrits) pendant la prise en charge préhospitalière. Cependant, les médicaments du patient devraient être apportés à l’urgence. 


Déplacement du patient

Le paramédic doit favoriser une position confortable pour le patient, et minimiser les efforts chez ce dernier. Lors de l’évaluation de la capacité de mobilisation du patient, les paramédics doivent faire preuve de discernement et appliquer un jugement clinique rigoureux.

À la suite de l’appréciation de la condition clinique, seuls les patients stables, ne présentant pas un risque de chute ou de détérioration clinique, peuvent se déplacer de façon autonome et sous la supervision d’un paramédic. Celui-ci doit toujours s’assurer d’avoir la collaboration du patient avant d’entreprendre la mobilisation et arrêter la mobilisation du patient devant tout signe de faiblesse, d’exacerbation de la douleur, de l’augmentation des ces S/S (p. ex : dyspnée, DRS, etc.) ou de modification de la démarche.

Pour le déplacement autonome d’un patient en contexte traumatique, se référer aux précisions du protocole Traumatisme spinal et de son Appendice : mobilisation autonome en contexte de RMS. Les généralités précédentes quant au déplacement du patient s'appliquent également.


Modes de conduite

A. Vers le lieu de prise en charge

  • Conduite URGENTE :

Mise en route immédiate en circulant avec les feux d’urgence allumés et au besoin, avec les sirènes.

  • Conduite NON URGENTE MODULABLE :

Mise en route immédiate en circulant en mode non urgent et un passage en mode de conduite urgent en présence d’un obstacle à la circulation significatif (arrêt de la circulation, entrave routière importante, etc.) et si ce dernier fait en sorte que l’objectif d’arrivée sur les lieux dépasse l’OTRC (ou si l’OTRC est déjà expiré). Le mode de conduite urgent sera utilisé le temps de franchir l’obstacle. La distance à parcourir ne doit pas être considérée comme un obstacle.

  • Conduite NON URGENTE :

Mise en route immédiate en circulant en mode non urgent sans sirène ni feux d’urgence allumés.

*Objectif de temps réponse clinique (OTRC) : assignation flexible selon un objectif chronométrique optimal d’arrivée auprès d’un patient (fenêtre d’opportunité) afin d’utiliser la ressource disponible la plus efficiente pour répondre à une demande.

B. Vers le lieu de destination

Avant de partir vers le lieu de destination, le paramédic doit établir le mode de conduite en fonction de la situation clinique du patient. Il doit déterminer si le mode de conduite sera URGENT ou NON URGENT.

  • Situation nécessitant un mode de conduite URGENT :
  • Tout patient instable, selon les critères d’instabilité;
  • Tout signe ou symptôme que le paramédic juge comme menaçant la stabilité du patient;
  • Tout patient avec une condition clinique chronodépendante ou comportant un risque élevé de détérioration prévu dans un protocole spécifique.

Ces situations nécessitent une intervention rapide, un départ hâtif et une conduite en mode urgence du véhicule ambulancier vers le centre receveur (10-30 : avec feux d’urgence et sirène, au besoin).

  • Situation nécessitant un mode de conduite NON URGENT :

Une situation qui a été déterminée NON URGENTE avant le départ des lieux (patient sans instabilité, ne présentant pas une condition clinique chronodépendante ou un risque élevé de détérioration). Il est à noter que certaines situations cliniques peuvent nécessiter une intervention rapide et un départ hâtif des lieux sans pour autant nécessiter un transport urgent.

La conduite en mode non urgent (10-16) doit faire l’objet d’une réévaluation continuelle et la conduite en mode urgent (10-30) peut être appliquée à tout moment si des éléments circonstanciels ou cliniques le justifient.


Transport sécuritaire à bord du véhicule

Un transport sécuritaire implique l’utilisation de ceintures de sécurité (incluant les baudriers) pour toutes les personnes présentes dans le véhicule. Pour la clientèle pédiatrique, l’utilisation d’un outil adapté à l’âge et à la situation clinique du patient est indiquée. Des dispositifs de transport de type NeoMateMD (2,3 à 6 kg ou 5 à 14 lb) et de type Pedi-MateMD (4,5 à 18 kg ou 10 à 40 lb) sont à la disposition des paramédics. Un siège d’auto pour enfant (répondant aux normes en vigueur) peut également être utilisé pour le patient alerte qui ne présente pas de détresse ou d’insuffisance respiratoire, en ajustant l’angle du siège afin de maintenir ses voies respiratoires ouvertes (évitant ainsi une flexion de la tête).


Accompagnement du patient

Durant le transport primaire ou le transfert interétablissement, le paramédic doit toujours accompagner le patient dans le module de soins, à moins que ce dernier soit en arrêt cardiorespiratoire et qu’aucune manoeuvre ne soit indiquée.

Précision concernant le transport d’un enfant ou d’un usager ayant des besoins particuliers : si le contexte le permet, le paramédic doit favoriser l’accompagnement d’un parent, d’un tuteur ou d’une personne significative pour le patient, et ce, afin de diminuer le stress et l’anxiété de ce dernier et de permettre à la fois une meilleure collaboration et une communication optimale.​


Prévention et contrôle des infections

Lors de toute intervention, le paramédic doit utiliser les précautions universelles en matière de prévention et de contrôle des infections. Les procédures de surveillance pour les syndromes d’allure grippale (SAG) (ex. : causés par le virus de l’influenza), les maladies respiratoires sévères infectieuses (MRSI) et la maladie à virus Ebola (MVE) doivent toujours être respectées.

Le paramédic doit se référer à la section PRÉVENTION ET CONTRÔLE DES INFECTIONS afin d’assurer sa protection personnelle et d’adapter son intervention lors de tout contexte infectieux envisagé.


NIL PER OS

Le nil per os (NPO) se définit comme l’interdiction d’ingérer des liquides ou aliments par voie orale. Sauf si spécifié différemment dans un protocole, le NPO est indiqué chez les patients présentant l’une des situations suivantes :
  • instable;
  • dysphagique;
  • accident vasculaire cérébral (AVC) aigu;
  • vomissements répétés;
  • postconvulsions;
  • situation à risque de nécessiter une chirurgie urgente ou une sédation.
Toutefois, dans les autres situations, il est adéquat de permettre au patient alerte de boire jusqu’à 200 cc de liquide clair (ou de lait maternel, pour le nourrisson). Communiquer explicitement au CH cette information. 
 
En tout temps, l’ingestion de nourriture en contexte préhospitalier n’est pas recommandée.  

Documentation et enregistrement des interventions

Moniteur défibrillateur semi-automatique

Le moniteur défibrillateur semi-automatique (MDSA) doit être ouvert dès l’arrivée au chevet du patient (ou en sortant du véhicule, si un arrêt cardiorespiratoire (ACR) est envisagé), et ce, jusqu’au transfert des responsabilités (ex. : au centre receveur) afin de permettre l’enregistrement de l’intervention. L’ensemble des interventions enregistrées doit être transféré à l’équipe d’amélioration de la qualité, selon la procédure régionale ou locale.

Formulaires préhospitaliers

La principale fonction des formulaires préhospitaliers est de constituer le dossier clinique de l’usager dans le cadre de l’intervention paramédicale. En consignant de manière rigoureuse les données de santé et les soins prodigués, les paramédics remplissent leurs responsabilités professionnelles et leurs obligations légales.

Ce dossier préhospitalier, une fois complété, devient un outil essentiel pour assurer un transfert de responsabilité conforme aux normes et garantir la sécurité permettant aux autres professionnels de la santé de poursuivre les soins. Afin de rédiger une note de qualité, il est essentiel de consulter les outils de référence disponibles. 

Rapport d’intervention clinique

Le paramédic doit rédiger un rapport d’intervention préhospitalière (RIP) pour toutes les interventions où il a été en contact avec un patient. Ceci inclut : les transports primaires (URGENTS et NON URGENTS), les transports secondaires (interétablissements) avec ou sans escorte, les retours à domicile et, tout particulièrement, les interventions qui se concluent par un refus de transport. Tout paramédic (même celui exerçant un rôle non traditionnel) ayant effectué une appréciation du patient et/ou ayant administré des soins en fonction des PICPSP doit remplir son propre RIP. La qualité de la rédaction est essentielle et permet de témoigner de la qualité des soins prodigués. Un soin non documenté est considéré comme un soin non réalisé.

Toute intervention lors de laquelle une personne sollicite l’opinion d’un paramédic dans l’exercice de ses fonctions au sujet d’une décision liée à un problème de santé existant, même si ce dernier n’a pas été affecté par le centre de communication santé (CCS), est considérée comme une intervention « contact-patient ». Celles-ci doivent toutes être déclarées au CCS. L’interaction avec le patient dont le contact n’a pas été généré par le CCS doit respecter en tous points les PICPSP.

La rédaction postintervention est une composante essentielle des soins préhospitaliers, permettant d’assurer la traçabilité et la justification des interventions réalisées. Elle doit refléter avec précision l’ensemble des appréciations cliniques effectuées, les décisions prises ainsi que les soins prodigués, garantissant ainsi une cohérence entre l’état du patient, les protocoles suivis et les actions entreprises. En l’absence de documentation, un soin est considéré comme non réalisé, ce qui peut avoir des implications médicolégales et compromettre l’évaluation de la qualité des interventions.

Rapport complémentaire

Un rapport complémentaire (RC) doit être rédigé dans plusieurs circonstances et doit être transmis à l’établissement territorial ou à Urgences-santé, à l’entreprise et au centre receveur si le patient est concerné. Voici une liste non exhaustive de son utilisation :

  • En complément du RIP, lorsqu’il manque d’espace dans celui-ci;
  • Lors d’un incident ou d’un accident;
  • Lors d’une erreur clinique;
  • Lors d’une intervention avec accès forcé;
  • Lors de toute intervention où aucun patient n’est trouvé à l’arrivée sur la scène;
  • Lors de toute intervention où aucune appréciation clinique n’a été effectuée (ex. : intervention de soutien technique);
  • Lorsque les policiers refusent l’accès à la scène;
  • Lors d’une scène à victimes multiples;
  • Lors de bris ou de vol du coffret de sécurité, ou de non-concordance des médicaments qui s’y trouvent;
  • Lors de toutes autres situations jugées pertinentes.

En présence d’une situation impliquant de multiples victimes, un RC doit être rédigé afin d’expliquer le triage et la gestion du site d’intervention. En cas de refus de transport ou de soins et lorsque la rédaction individualisée n’a pas été possible, un RC doit être utilisé pour justifier la situation et décrire le contexte. Ce RC doit être consigné chez l’employeur, et une copie devra être acheminée à l’établissement territorial ou à Urgences-santé. Aucune copie ne doit être laissée au dossier du patient.

Le RIP doit être signé par les deux paramédics (voir spécificités dans le guide des principes de rédaction). Il doit être transmis au CH receveur dès qu’il a été complété, toute suite après l’appel ou ultérieurement. Une copie doit être entreposée vers l’entreprise ambulancière ainsi qu’aux établissements territoriaux ou à Urgences-santé. Dans les situations où l’équipe de paramédics est affectée à une nouvelle intervention avant de terminer la rédaction du RIP concernant l’intervention en cours, et que l’équipe ne peut retourner à ce même CH durant ce quart de travail, le RIP rempli doit être remis à l’entreprise avec la mention de « note tardive » (explications supplémentaires dans le guide des principes de rédaction).


Transfert interhospitalier

Le transfert d’un patient a lieu lorsque celui-ci est stabilisé par l’équipe de soins et que les risques de mortalité et/ou de morbidité sont minimisés. Le médecin traitant a la responsabilité de déterminer le niveau de soins requis lors du transfert. Le paramédic a la responsabilité d’informer l’équipe traitante des limites de son champ de pratique, et de s’assurer que celui-ci répond aux besoins de l’usager et aux complications possibles pour la durée du transfert (au besoin, se référer au Guide pour le choix d’une escorte préhospitalière en vue d’un transfert interétablissement [Santé Québec 2025]) . Il doit également signifier toute inquiétude quant à la stabilité du patient avant le départ. 

Dans certaines situations, il peut être acceptable que lors de son arrivée au centre receveur, le patient demeure sur la civière d’ambulance pour une évaluation médicale brève, afin de faciliter une prise de décision du médecin traitant quant au besoin d’un transfert immédiat (ex. : infarctus aigu du myocarde avec élévation du segment ST [IAMEST], polytraumatisme, etc.).  

A) Avec une équipe médicale ou une escorte hospitalière 

Le patient est alors sous la responsabilité de l’équipe médicale ou de l’escorte hospitalière. Le paramédic demeure en soutien à l’équipe médicale et est présent dans le module de soins (sauf avis contraire du médecin). Les situations suivantes requièrent un transfert avec une équipe médicale ou une équipe hospitalière : 

  • Arrêt cardiaque récent; 
  • Instabilité dans les signes vitaux;  
  • Altération neurologique qui met en péril la perméabilité des voies aériennes; 
  • Infarctus du myocarde (avec instabilité hémodynamique ou électrique); 
  • Tout patient intubé; 
  • Toute femme enceinte en travail actif ou présentant un risque à l’accouchement; 
  • Toute affection qui risque d’entraîner le décès ou une atteinte sérieuse durant le transfert.  

B) Sans équipe médicale

  • S’informer du problème médical du patient :
  • Historique des évènements;
  • Antécédents et allergies;
  • Prise récente (doses et heures) de médicaments (analgésique, antiplaquettaire, antibiotique, etc.).
  • Discuter du plan de soins avec l’équipe médicale :
  • Déterminer le centre receveur, le département et le médecin qui a accepté le transfert;
  • Prendre note du nom des médecins traitants (et ses coordonnées, si disponibles);
  • Déterminer si la surveillance clinique nécessaire au transfert convient au cadre légal du champ de pratique du paramédic. Dans le cas contraire, une escorte médical devra accompagner le patient jusqu’au centre receveur;
  • Déterminer avec le médecin si les présents protocoles doivent être adaptés en fonction de la situation. Au besoin, documenter la situation à l’écrit et par enregistrement vocal (se référer au protocole Directives d’un professionnel de la santé);
  • S'informer du niveau de soins requis (se référer au protocole Niveaux de soins);
  • Déterminer une fréquence de prise de signes vitaux;
  • Déterminer si un isolement pour le patient est en cours et si des équipements de protection pour ce dernier et pour les paramédics sont nécessaires;
  • Déterminer le mode de conduite.
  • S’assurer de transférer les éléments suivants  :
  • Photocopies des notes médicales, niveau de soins, profil pharmaceutique, feuille d’administration des médicaments (FADM), radiographies, imagerie, laboratoires, électrocardiogramme (ECG), carte RAMQ, effets personnels, etc. 
  • S’assurer que les différents outils spécialisés autorisés qui feront l’objet d’une surveillance clinique sont initialement adéquats :
  • Voies et tubes adéquatement fixés (noter leur position);
  • Tubes de drainage (sacs collecteurs vides) et solutés qui perfusent adéquatement;
  • Matériel nécessaire : oxygène, cathéter à succion approprié, soluté en quantité suffisante, etc.

Remarque

Dans un contexte de garde préventive en établissement, le paramédic n’a pas le pouvoir d’application légale de cette garde lors d’un transfert. L’établissement a la responsabilité d’établir les paramètres requis pour cette situation (accompagnateur formé aux interventions possibles, pharmacologie, matériel de contention, etc.).  


Les protocoles suivants sont les pratiques cliniques attendues et doivent s’appliquer en complémentarité du jugement du paramédic.